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Interview de Caroline Bruant

Rambouillet Territoires : Vous êtes actuellement directrice adjointe de la Maison Triolet-Aragon. Quel a été votre parcours professionnel ?
Caroline Bruant : Cela fait 17 ans que je travaille pour la Maison Triolet-Aragon. J’ai débuté au service communication. J’ai pu porter de nombreux projets et, parmi eux, la création d’une saison culturelle puisque cela n’existait pas auparavant. Puis, je suis devenue directrice adjointe. Je travaille en binôme avec Bernard Vasseur, le directeur de la Maison Triolet-Aragon.
 
Rambouillet Territoires : Quel est votre quotidien en tant que directrice adjointe ?
Caroline Bruant : Tout d’abord, il faut comprendre notre fonctionnement. Nous sommes une toute petite structure, une structure associative. La Maison Triolet-Aragon appartient à l’État puisque Louis Aragon l’a léguée à l’État. C’est une association à but non lucratif (loi de 1901) qui gère le quotidien du lieu. La présidente de cette association est Edmonde Charles-Roux. Mon rôle, en tant que directrice adjointe, est de faire venir du monde à la Maison Triolet-Aragon. Concrètement, je gère le personnel, la communication, la préparation de la saison culturelle… Je suis aussi en permanence à la recherche de financement. C’est essentiel afin de disposer des moyens nécessaires pour mettre en place les différentes opérations.
 
Rambouillet Territoires : Pouvez-vous nous présenter brièvement la Maison Triolet-Aragon ? Quelles sont les particularités de ce lieu ?
Caroline Bruant : La Maison Elsa Triolet-Aragon est la maison dans laquelle ont vécu les deux écrivains à partir de 1951. C’est Louis Aragon qui a acheté cette maison pour l’offrir à Elsa Triolet. C’est un lieu où tous deux sont venus pour écrire, trouver le calme, la sérénité… Il y a d’ailleurs quelques-unes des plus belles pages de la littérature qui ont été écrites ici. Dans la maison, la partie dans laquelle ils ont vécu est vraiment restée figée dans le temps. Tout est authentique : la cuisine, le bureau d’Aragon, le salon… il y a vraiment une âme dans ce lieu. Tous les objets sont là pour nous rappeler le quotidien des deux écrivains, chaque objet raconte une histoire… Par exemple, les paquets de tabac dans le bureau d’Aragon nous amènent à parler de la guerre, les pagaies dans le salon nous amènent à parler de la période tahitienne d’Elsa avec son premier mari… Tout est sujet à anecdotes ! On trouve aussi dans la maison des œuvres des amis d’Aragon comme Picasso, Fernand Léger… ; des livres, puisqu’on a dans les bibliothèques personnelles d’Aragon et d’Elsa, plus de 30 000 ouvrages… En plus d’un lieu de mémoire, la Maison est un lieu ouvert à la recherche. En effet, la bibliothèque est ouverte aux chercheurs, aux artistes, aux écrivains. Enfin, c’est un lieu de création. Aragon souhaitait que cela devienne un lieu vivant, ouvert à la création.
 
Rambouillet Territoires : Avez-vous un fil conducteur dans le choix des évènements que vous proposez ?
Caroline Bruant : Nous avons une saison culturelle dense. Aragon, à son époque, a fait connaître beaucoup d’artistes dans des domaines très variés : théâtre, cinéma, littérature, peinture… Aujourd’hui, cela nous donne une latitude assez importante pour créer une saison culturelle. On fait 3-4 expositions d’art contemporain par an (peinture, sculpture, photo…). On fait aussi des évènements pour amener le grand public vers la poésie, aussi bien les enfants que les adultes. On crée une saison autour de l’univers d’Aragon mais on part aussi beaucoup plus loin, dans la littérature en général, la poésie et l’art contemporain.
 
Rambouillet Territoires : Est-ce qu’il y a un lieu que vous préférez dans la maison/le jardin ?
Caroline Bruant : Dans la maison j’aime beaucoup la chambre parce qu’il y a une œuvre d’Aragon qui s’intitule La Chambre d’Elsa. C’est une pièce de théâtre qui décrit de façon très poétique ce lieu-là. Ce texte donne une résonance particulière à la chambre.
 
Rambouillet Territoires : Merci Caroline !