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Interview de Clément Guillot

Rencontre avec Clément Guillot, professeur de formation musicale au conservatoire Gabriel Fauré (établissement de Rambouillet)

Bonjour Clément ! Pouvez-vous nous présenter votre parcours ? 
J'ai commencé mes études par la clarinette, au conservatoire de Chatou, puis je suis allé au conservatoire de Rueil-Malmaison quand les envies de professionnalisation ont commencé à poindre. C'est là que j'ai découvert l'écriture, la direction d'orchestre, l'érudition musicale et que j'ai eu la volonté de me spécialiser dans ces matières.
Après l'obtention de mes prix d'écriture et de formation musicale, j'ai eu le concours d'entrée au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP). J'y ai fait les classes d'harmonie, de contrepoint, d'écriture XXe siècle, d'orchestration, de musique à l'image, d'harmonie au clavier et d'analyse.
J’enseigne au conservatoire Gabriel Fauré depuis septembre 2011.
 
Pourquoi vous êtes-vous dirigé vers la formation musicale ?
Au conservatoire de Rueil-Malmaison, je me suis spécialisé dans les classes « théoriques » plutôt que dans la pratique instrumentale et, dès mes 18 ans, on m'a confié des remplacements en formation musicale. Par ailleurs, je me suis rapidement rendu compte que je préférais enseigner en collectif plutôt qu'en individuel. Et d’autant plus transmettre une passion pour une matière que j'avais adorée, tandis que beaucoup l'avaient détestée !
 
 
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?
La question serait dans quel métier ! Aujourd'hui, j'essaie de m'épanouir et de progresser aussi bien dans l'enseignement que dans la direction d'orchestre, dans la conférence, dans la composition ou l'arrangement. Ce sont des métiers très différents malgré leur socle commun. 
L'enseignement, j'ai commencé dès mes 15 ans, pour des cours particuliers. J’ai toujours aimé partager avec les élèves, les voir progresser, leur montrer vers quoi ils pourraient aller… On est dans la transmission et j'adore ça : des petits qui découvrent les notes les yeux écarquillés, les grands qui commencent à lire plus vite que moi !
Pour ce qui est des conférences, la dynamique est la même mais les enjeux sont bien différents. Je n'ai plus à adapter mon langage et je n'ai plus de pression quant à la réussite et la compréhension des élèves.
La direction d'orchestre, on est dans le partage et dans la création de l'instant, le temps du concert. L’écriture, c'est l'aspect créatif qui me plaît. Dans la direction, je ne suis que l'interprète, alors que dans l'écriture, j'ai le droit d'inventer, de composer comme j'aime ! Mais les contraintes sont aussi très grandes. Pour la musique à l'image par exemple, il faut respecter la durée, le genre, l'ambiance...
 
Vous avez composé une pièce originale à l’occasion des examens et évaluations qui se dérouleront le 18 mars prochain au sein de l’établissement de Rambouillet. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
En effet, j'ai écrit la pièce imposée pour l'examen de troisième cycle de violon, et je l'ai intitulée Omphaliana. Elle est inspirée du mythe d'Omphale et d'Hercule. Stylistiquement, elle a les couleurs de la musique française de la première moitié du XXe siècle. Le début est un petit hommage à Gabriel Fauré et son quintette avec piano n° 1.
Ce n’est pas la première fois que j’écris pour des élèves mais c’est la première fois que j'écris spécialement pour un examen… L'exercice m'a enchanté et j'espère que j'aurai l'occasion de réitérer l'expérience !
Je pense que c’est aussi intéressant pour les élèves… C’est un peu différent de jouer une œuvre quand le compositeur est présent physiquement, avec eux, plutôt que de jouer l'œuvre d'un « nom ». Pour une fois, le compositeur les entend jouer et les guide. 
 
Quels sont vos projets artistiques pour cette année ?
Les projets sont assez nombreux ! Tout d’abord, créer une structure orchestrale et éditoriale qui me permette aussi bien de programmer des concerts que d’enregistrer de la musique pour l'image. Ensuite, poursuivre mes projets de compositions en tout genre.